Que ce soit LRS, LMS, LEP ou LXP, le monde du Digital Learning est peuplé de nombreux acronymes. Cet article est le premier d’une série consacrée à se familiariser avec cette pléthore d’acronymes. Il traitera des différences et complémentarités entre une Learning Experience Platform (LXP) et un Learning Management System (LMS).

LMS, LXP, quelles différences ? 🙋

La première différence, souvent avancée à tort comme la principale, entre une Learning Experience Platform (LXP) et un Learning Management System (LMS) est celle de l’ergonomie ou expérience utilisateur (UX). Or, la principale différence n’est pas là. 

L’apparition des Learning Experience Platform a forcé les éditeurs de LMS à revoir ou accélérer leur roadmap sur une refonte de l’interface utilisateur. Ils ne souhaitaient pas voir un intermédiaire s’insérer entre eux et les apprenants. Les différences fondamentales se situent toutefois ailleurs.

Les deux principales différences, car il est difficile de les hiérarchiser, sont premièrement le changement d’orientation du client au bénéfice de l’utilisateur. Deuxièmement, le changement de modalité pédagogique.

Une plateforme pour l’administrateur ou pour l’apprenant ?

Et oui, les LMS, avec leur modèle objet qui date du début des années 2000, ont été créés pour diffuser des contenus de e-learning. Ils servent aussi à administrer l’offre de formation interne de l’entreprise toutes modalités confondues (e-learning et présentiel). 

Ces systèmes étaient conçus par les éditeurs de logiciel comme une solution aux problématiques de leurs clients RH. L’architecture était donc réfléchie sous la forme de sessions, d’inscriptions, de workflows de validation, des feuilles d’émargement pour le présentiel, d’e-mails de convocation, de deadlines…tout un panel fonctionnel qui est encore critique aujourd’hui. 

C’est d’ailleurs pourquoi une entreprise peut se passer de LXP, alors qu’elle ne peut pas se passer de LMS. 

Le LXP, quant à lui, a été réfléchi avec comme client l’utilisateur final ou apprenant. Le postulat de base étant simple, si une plateforme n’a pas été construite avec les codes d’une plateforme B2C (Facebook, Netflix, Amazon, Spotify…) alors les utilisateurs finaux auront moins tendance à être engagés et à se connecter par eux-mêmes afin de se former. 

Les éditeurs de LXP ont d’ailleurs un discours sur le ROI, pointant du doigt l’achat de licences SaaS par les entreprises pour leurs utilisateurs finaux, mais n’ayant qu’une majorité de connexion et de temps passé sur leur LMS sur les modules obligatoires (compliance). 

Résumé de la sorte, la plupart des LMS ne sont presque utilisés que pour les formations obligatoires. Nous sommes bien loin de la promesse initiale de life-long learning et de création d’une culture d’apprentissage avancée par les éditeurs de LMS.

Un changement de modalité pédagogique

La deuxième différence est celle de la modalité pédagogique. 

Les LMS fonctionnent bien pour développer des compétences dans le temps sur des parcours structurés, avec des quizs, des relances, blended ou non, c’est ce qu’on appelle le macro-learning. 

Le LXP, quant à lui, ne se concentre pas sur la partie structurée ou formelle de l’apprentissage. Au contraire, il tente de capturer l’informel (videos, articles, podcasts…) 

Le LXP, c’est un peu le Google, Netflix ou Youtube, ou les trois à la fois, de la formation. C’est une réponse du monde du e-learning à la tendance B2C du « juste à temps » dans une société de l’immédiateté. 

Le LXP est là pour agréger et consolider l’ensemble des contenus de formation de l’entreprise, qu’ils soient dans le LMS ou non. Ainsi, on donne la possibilité à un utilisateur d’avoir une réponse à sa problématique en quelques clics. 

Les contenus sont raccourcis au maximum (micro-learning), et bien indexés via des métadonnées pour permettre aux moteurs de recommandations similaires à ceux de Neflix ou Amazon de pouvoir proposer à l’utilisateur du contenu pertinent en fonction de son usage. 

C’est au-dessus de cette fonctionnalité essentielle que les éditeurs de LXP ont intégré des fonctionnalités complémentaires à leur produit.

On prendra par exemple une fonctionnalité qui exemplifie parfaitement ce positionnement, l’implémentation du standard xAPI. 

Le standard xAPI, nouveau standard du digital learning après Scorm, a été conçu pour aider à la capture de l’apprentissage informel (donc hors du LMS). Il n’est donc pas étonnant de voir très peu d’éditeurs de LMS proposer ce standard alors que beaucoup d’éditeur de Learning Experience Platform (LXP) le font.

LMS, LXP: des plateformes complémentaires 🔗

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous aurez compris qu’un LXP et un LMS peuvent aussi être complémentaires.

Plusieurs éditeurs de LMS tentent de rattraper le périmètre fonctionnel des LXP. À l’inverse, très peu de LXP redéveloppent des fonctionnalités de LMS.

Ils sont complémentaires déjà parce que l’approche pédagogique doit être complémentaire. Il n’est plus à démontrer qu’il est bon de mixer présentiel et digital dans du blended learning. De la même façon, il est bon de mêler du macro-learning à du micro-learning et du formel à de l’informel pour des résultats optimaux.

Nous devons développer des compétences sur le long terme dans des programmes structurés. Mais nous devons également avoir un outil Google-like à portée de main. Par exemple, pour revoir une vidéo sur le tableau croisé dynamique.

C’est le débat entre information et formation que nous touchons du doigt dans l’article La dématérialisation du web . L’obsolescence programmée du modèle de recherche consistant à taper un mot clé dans une barre de recherche.

Les fonctionnalités sont tout aussi complémentaires que les approches. Les normes xAPI et Scorm, le content-based et program-based learning, user generated content et compliance content, ascendant et descendant, capacité d’intégration d’un écosystème et lien avec d’autres briques de Talent… en sont l’exemple.

Vous pouvez donc garder votre LMS, et décider de vous équiper ou non d’un LXP. Comme le dit Josh Bersin dans son article The war for corporate learning platforms gets hotter, «je conseille aux entreprises d’utiliser leur LMS et de négocier le meilleur prix possible afin de pouvoir dépenser de l’argent sur une couche « expérience » plus importante à l’utilisateur final».

Vers la fin des acronymes 🤖

Dans l’ensemble les acronymes LMS et LXP ne sont la que pour catégoriser le marché afin d’y voir plus clair. Ces derniers établissent à juste titre une distinction entre les deux car en car ils représentent des générations de plateformes différentes. Des centaines d’entreprises à travers le monde déploient des LXPs au dessus de leurs LMSs et autres systèmes afin de gérer des écosystèmes complexes. Les LXP disposant d’une architecture ouverte,  certains éditeurs historiques de LMS se voient même obligés de développer des plateformes auxiliaires pour couvrir les besoin. Ces plateformes auront des difficulté à s’interfacer avec d’autres systèmes que le LMS en question.

La LXP quant à elle dispose d’une nouvelle architecture de donnée et une nouvelle architecture fonctionnelle et s’appuie sur de nouvelle technologies.

Il y a donc une période de transition entre ces deux générations de plateformes lors de laquelle ces acronymes sont nécessaires.

En bref

Bien que nous soyons dans une période transition entre deux générations d’outils, les acronymes sont très utiles pour catégoriser le marché car il existe bien des différences majeurs entre ces différents outils.

En matière de stratégie, il est toujours judicieux de multiplier les points d’accès à son LMS. Que cela soit via un intranet, un LXP ou autre, vous donnerez plus d’options à vos apprenants. Nous verrons donc ici le LXP comme un nouveau levier sur l’usage de votre LMS. La Learning Experience Platform apporte l’ensemble des moyens nécessaires, mobiles, collaboratifs, basés sur la compétence, informels…favorisant la création d’une culture d’apprentissage.